Claudia Robert, 2009
dimanche 28 juin 2009
"Au cours de mes rencontres avec des rescapées de l’inceste, j’ai pu remarquer que le sujet de l’homosexualité était très souvent abordée, tout en restant cependant un sujet encore tabou.
Je me souviens de cette femme rencontrée lors d’un groupe de parole auquel participaient des victimes de l’inceste. Elle se « disait » homosexuelle mais vivait cette orientation sexuelle difficilement, se refusant même toute relation sexuelle homosexuelle. Pour elle, l’unique responsable de son homosexualité était l’inceste qu’elle avait subit dans son enfance. De ce fait, elle vivait son homosexualité comme une intrusion dans sa vie personnelle. Une intrusion, tel un virus transmis par son agresseur.
Je réalisais alors l’amalgame fait autour de l’inceste et de l’homosexualité et comprenais mieux l’existence de certains mythes subsistants concernant l’homosexualité, tout particulièrement celui pour lequel certains tendent à penser que l’on peut devenir homosexuelle parce qu’on a vécu une expérience traumatique comme l’inceste et/ou le viol.
Ce mythe me renvoyait alors à l’éternelle question : « Devient-on homosexuelle ou naissons nous homosexuelle ? »
Encore aujourd’hui la question n’a de cesse de faire polémique. Anthropologues, sociologues, psychologues et autres ont tenté et tentent encore de trouver une explication plausible quant à l’origine de l’homosexualité.
Sans toutefois pouvoir y répondre, demandons-nous simplement pourquoi la question se pose ? Probablement du fait que notre éducation occidentale ne nous permet pas d’envisager le choix de la sexualité comme un choix naturel. Les hétéros ne se demandent pas pourquoi ils sont hétéros. Tout comme rien ne les amène à se demander ce qui les a conduits à devenir hétérosexuels.
Le but de ma réflexion est d’entamer une ébauche pour tenter de briser l’amalgame fait tant par la société que par des victimes elles-mêmes qui, trop souvent, viennent à penser qu’elles sont devenues homosexuelles à cause de l’inceste subit dans leur enfance.
Nul doute que l’inceste a des conséquences sur la sexualité. Mais fort heureusement, toutes les homosexuelles ne sont pas des rescapés de l’inceste."
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